Prodige

 
 
 
Prodige est une histoire polyphonique autour de trois femmes et de la musique. Le piano est omniprésent dans la vie de Sofia, la grand-mère russe, Lara, la mère et Maya, la petite-fille, pianiste prodige, née grande prématurée.
C’est aussi l’histoire de personnages qui les entourent, Robert, le père qui est parti après la naissance de la petite parce qu’il ne trouvait pas sa place dans la filiation, mais qui n’est jamais très loin. Lucien, le voisin qui réalise des vitraux et qui porte avec lui le souvenir de son épouse bien aimée.
Et puis, le talent, les notes de musiques qui échappent à Lara, le rythme qui va trop vite et qui la devance, la beauté inatteignable, enfin l’épuisement et la dépression.
Ce roman est poignant, car tour à tour les personnages s’expriment à la première personne. Il explore le génie, l’amour, le rêve, la douleur et l’art. Un cocktail qui m’a bien plu.
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
 
Une fois n’est pas coutume, voici un petit extrait :
« Ce sera une fantaisie de Bach mais ce sera comme si tu l’avais composée toi-même, non, comme si tu étais un oiseau et que cette Fantaisie était ton chant. A t’écouter, Dianescu et moi, on s’élève peu à peu vers une sorte de sérénité parce qu’il n’est même plus question de notes, de fautes, de doigtés, de techniques : tes mains courent sur le piano comme tes pieds courraient sur une plage, parce que tu veux, parce que tu peux courir, tes petites mains frappent et caressent les touches blanches et noires et on est immergés tous deux dans un bain de félicité. Mon ange, tu domines – regarde, tu conquiers cet instrument qui m’a toujours dominée, c’est ton instrument, il se met à ton service. Oui, ce monstre noir qui pèse une tonne se cabre et se laisse flatter par toi comme un chat. »
 
Prodige de Nancy Houston chez Babel Actes Sud

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